Formation des noms de famille
À partir du XIIe siècle environ, le prénom seul ne suffit plus à distinguer entre eux les habitants d'un même endroit. Non seulement la population ne cesse d'augmenter, mais aussi l'habitude de donner à un enfant le prénom de son parrain pour un garçon ou de sa marraine pour une fille réduit considérablement le nombre de prénoms utilisés.
Aux différents Joseph, Antoine, Madeleine ou Catherine sont donc d'abord associés des surnoms : soit le simple nom des parents (Martin, Durand), soit un surnom dérivé de caractéristiques physiques (le gros, le petit), soit encore de professions (carpentier, le fèvre – c'est-à-dire le forgeron –) soit, et c'est le cas pour beaucoup, de lieux (du pont, la forêt).
Toponymes
Ces patronymes dérivés de noms de lieux sont appelés des toponymes, et un grand nombre d'entre eux sont en fait le nom du hameau, du lieu-dit ou de la ferme d'origine. C'est le cas par exemple des noms commençant par castel- dans lesquels on retrouve la racine latine castellum, castelli qui désigne un château mais également un hameau.
Castelbou et Castelbon
Castelbou, comme Castelbon (la finale -on se prononce -ou en occitan languedocien) désignent ainsi un château ou un hameau (castel-) soit en bon état, soit où il fait bon vivre (-bou) par opposition au château fortifié dont le confort est plus spartiate.
Le village de Castellbò en Catalogne (francisé en Castelbon) dont l'existence est attestée depuis le Xe siècle semble correspondre à cette étymologie : l'habitation du seigneur n'était pas un château fort mais une maison féodale. On trouve également de nos jours plusieurs hameaux ou lieux-dits nommés Castelbou, dans les départements de l'Aveyron, du Tarn et de l'Ariège.
À l'inverse beaucoup de fermes, lieux-dits et hameaux ont également été désignés plus tardivement par le nom de leurs habitants, et découvrir qui de l'habitant ou de l'habitation a donné son nom à l'autre peut s'avérer très difficile.








